Parade du Raja Shrî Bhamvarjî Bhuvâni Singhjî

Gouache sur grande page d’album cartonnée à encadrement rouge, avec feuillet protecteur. Le maharaja, l’épée pointée vers le haut, avance sur son cheval caparaçonné, défilant en tête de ses généraux, dans un paysage vallonné, sur fond jaune. Au premier plan, un serviteur tient en laisse les deux chiens du souverain. Au dos, texte de six lignes en écriture nagari à l’encre noire, surmonté à gauche de quatre lignes écrites d’une autre main « faisant l’éloge d’un souverain ».
Inde Centrale, Ratlām, milieu XIXe siècle.
Dim. peinture : 36,5 x 47 cm.
Pliures et petits éclats de peinture.
Provenance : Sotheby’s, Londres, 10 décembre 1974, n°86.
Publication :
M.C. David et J. Soustiel, Miniatures Orientales de l’Inde - 3 -, Exposition Galerie J. Soustiel, Paris, mai-juillet 1983, n°127.
25 000/30 000
Inscriptions au dessus des personnages :
A gauche, de haut en bas, devant le cheval :
Sekha Serajî (Shaykh Serajî)
Sekha Phatemummada (Shaykh Fateh Muhammad)

Personnage central : Shrî Bhamvarjî Bhuvânî Singhjî

A droite, de haut en bas, à l’arrière du cheval :
Shrî Mâlî Rûpajî
Sagatâbalajet Singhjî
Gopâl Hajûrî
Dhanarâjî Pa
Mârâja Bhopâl Singhjî.

Le thème de cette miniature est bien représentatif de l’art à la Cour des rajputs aux XVIIIe et XIXe siècles, marqué par les Cours musulmanes et par un pouvoir féodal chevaleresque dans les régions de l’Ouest et du Centre de l’Inde. L’artiste y apporte une attention remarquable aux effets du cheval.
L’attribution au district de Ratlām, donnée à l’époque par l’expert Tobby Falk, reste admise, malgré le manque d’informations sur le personnage Shrî Bhamvarjî Bhuvâni Singhjî apparemment important. Les éléments de comparaisons sont très peu nombreux ; en effet, seules quelques représentations de ce type sont apparues dans des catalogues d’exposition de galeries d’Art Indien à Londres : Tooth, Indian Painting from the 17th to the 19th Century, décembre 1974, n°8, et Spink, Painting for the Royal Courts of India, avril 1976, n°108 à 111.

Ratlām est un territoire situé dans la région de Malwa - une des quatre régions de l’Inde Centrale -, dirigé par les musulmans qui y ont regroupé les populations rajputes dans de petites zones géographiques précises et ceci du XVIe au XVIIIe siècle. C’est Abu’l Fazl, historien de l’empereur Akbar, qui a transmis les premières données sur Ratlām, ses richesses, les différentes castes existantes ainsi que le détail de sa force militaire, en précisant qu’à cette époque, Ratlām était un grand centre de commerce, spécialement pour l’opium (The A’in-i Akbari, vol. II, Royal Asiatic Society, Calcutta, 1978, pp. 206-209). Selon des légendes populaires communément admises, le nom de Ratlām proviendrait du nom de son fondateur, Ratan Singh (1652-58). La légende raconte qu’il aurait terrassé tout seul un éléphant, avec son seul poignard, katar. L’empereur Shah Jahan, impressionné par son courage, l’aurait « appelé » pour ses conquêtes, et en signe de reconnaissance, placé à la tête d’un territoire qui deviendra plus tard l’Etat de Ratlām. (W. Williamson Hunter (ed.), Imperial Gazzeeter of India, vol. 21, Oxford, 1908-1931, pp. 240-244 et Dr. Ajit Raizada, Art, Archaeology and History of Ratlam, New Delhi, 1992, pp. 47-56).
C’est seulement sous les derniers Moghols, vers la fin du XVIIIe siècle, que les territoires rajputs de Malwa prennent leur indépendance et Ratlām devient alors un Etat rajput. (cf. Ed. Binney, Rajput Miniatures from the Collection of Edwin Binney 3rd, Portland Art Museum, 1968, p. 50)
Vente Pescheteau-Badin 12 déc 2007
Adjugé 41.000 €

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