Déposition de Croix

Déposition de Croix, d’après une gravure de Hendrik Goltzius.
Gouache sur page d’album cartonnée à encadrement de rinceaux floraux dorés sur fond vert pâle et marges mouchetées or sur fond crème. Trois anges portent le corps de Jésus Christ, au pied de la croix : l’un au-dessus de la tête auréolée du Christ, et deux de part et d’autre. Il est vêtu d’une cape rouge, et drapé de bleu autour des hanches. Un crâne, un pot à onguents et un livre ouvert sont posés à ses pieds. Au revers, numéro 546 B du collectionneur et sa signature « W.B. Manley », ainsi qu’une note manuscrite en anglais : de la main de B.W.R. (B.W.Robinson) « Moghul, 17th Century-evidently pre-Aurangzeb. Evidently a copy of a European print. Very good quality” et une autre au crayon« try at European Prints dept of V&A, to identifiy european original ».
Inde du Nord, art moghol, XVIIe siècle.
Dim. peinture : 19 x 11,5 cm.

Provenance : Dr. W.B. Manley

Publications :
- Sotheby’s, Londres, 14 juillet 1971, n°55.
- J. Soustiel et M.C. David, Miniatures Orientales de l’Inde - 1 -, Exposition Galerie J. Soustiel, Paris, mai 1973, n°23.
- R. Sigalea, « Jésuites et Moghols unis dans la peinture », in Historia Spécial, n°18, juillet-août 1992, p. 67 : « L’exemple présenté … a été exécuté d’après une gravure de Hendrik Goltzius (1558-1617), artiste renommé qui exerçait sa profession ave brio à Haarlem, près d’Anvers. Pour réaliser cette Descente de Croix, Goltzius s’est inspiré lui-même d’un dessin ou d’une terra cotta de Bartholomeus Spranger (1546-1611)… peintre officiel de la très intellectuelle cour de Prague… dans le style maniériste tant apprécié de son patron. …Les maniéristes dramatisent leurs œuvres tant par le choix des sujets que par une nouvelle façon de représenter la réalité. Ce qui les intéresse, ce n’est pas la réalité imitée, mais l’idée de la réalité, telle qu’ils la conçoivent….. La Descente de Croix de Goltzius en est un exemple caractéristique. Le peintre moghol s’en inspire tout en la modifiant à son gré et en l’inversant. Il conserve le groupe central formé par le Christ et par l’ange qui le soutient, mais il change le nombre et l’aspect des anges et des putti qui l’entourent. Une croix en bois taillé remplace le rocher du Golgotha. La Jérusalem lointaine et les trois Marie figurées disparaissent… Le peintre a sans doute mal saisi la chronologie de la Passion. Il a représenté anachroniquement les Ténèbres en choisissant des tons sombres et en déroulant de gros nuages moussoniques. Quelques symboles complètent la figuration : un livre ouvert qui représente les Evangiles, un pot d’onguents, et un crâne qui rappelle que Golgotha signifie le lieu du Crâne, selon Saint Mathieu (XXVII, 34) ».
Vente Pescheteau-Badin 12 déc 2007
Adjugé : 8.000 €

Il n’est pas étonnant de trouver des représentations de scènes chrétiennes dans l’art moghol. L’art européen apparaît dans les peintures indiennes dès le XVIe siècle, avec l’arrivée des missions des Jésuites, qui rapportent avec eux des gravures et peintures d’autels, des bibles ou de nombreux recueils imprimés et qui vont servir de modèles aux artistes des Cours mogholes dans la découverte de la perspective.

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